Interviews métiers

Agent de maintenance sur métier à tisser

 

 

 


Thierry, 46 ans

Agent de maintenance sur métier à tisser (régleur/gareur) dans une entreprise de tissage de 65 salariés

Polyvalent irremplaçable, le gareur veille au bon fonctionnement des métiers à tisser. En cas de panne, c’est à lui qu’incombe la charge de les réparer dans les meilleurs délais. Mais cet orfèvre de la mécanique de précision a aussi son mot à dire sur les nouveaux tissus et la création.



Comment avez-vous intégré votre entreprise actuelle ?
Après un CAP et un BEP électromécanique, j’ai tout d’abord travaillé sur des métiers à tricoter Rachel pendant 13 ans. Par la suite, je me suis redirigé vers la formation de régleur de machines textiles. J’ai alors postulé de manière spontanée auprès de cette société qui m’a embauché comme aide régleur. Il m’a fallu apprendre ce nouveau métier, repartir de zéro et être formé par d’anciens régleurs.

En quoi consiste votre métier ?
Mon activité s'exerce au sein de la fabrication des produits textiles de la société. Je supervise le bon fonctionnement des métiers à tisser. Je suis ainsi responsable de leur mise en route et des éventuels dépannages. Mon travail comporte enfin un aspect plus expérimental. La mise en application des ordres de création pour lesquels nous procédons à des essais avant de lancer la production.

À quoi ressemble une de vos journées types ?
À mon arrivée à 5 heures du matin, je fais le tour de l’atelier et je discute avec les tisseurs de nuit des éventuels problèmes qu’ils ont pu rencontrer. En fait nous fonctionnons en équipe : un agent de maintenance pour la mise en route, l’autre pour les pannes. Ce qui arrive souvent car les machines tournent 24 heures sur 24. On regarde alors le nombre de métiers restants et disponibles afin de les redistribuer aux tisseuses. Par la suite, vers 8 heures, nous recevons, via Internet, les ordres de création en vue de l’échantillonnage de nouveaux tissus.

Quels aspects de votre profession appréciez-vous le plus ?
Nos machines sont souvent mises à rude épreuve. Même si notre entreprise privilégie la qualité plutôt que la vitesse, il est souvent primordial de remettre au plus vite nos métiers en état de marche. C’est ce qui me plaît le plus : définir l’origine du dysfonctionnement, trouver la panne. C’est toujours passionnant ! Tout comme la création et l’échantillonnage. Fabriquer par exemple des tissus à partir du fil d’or est toujours un moment privilégié !  

Quels sont les inconvénients de votre métier ?
Le bruit des machines peut s’avérer à la longue dérangeant. Agent de maintenance est aussi un travail de précision. Les fils sont très fins. Il faut donc être très minutieux. De plus, on travaille sous lumière artificielle. Résultat : ma vue s’est un peu altérée et désormais, je porte des lunettes.  

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent exercer votre profession ?
C’est un métier très intéressant. Il faut juste savoir prendre son temps. Être minutieux. Ne pas courir. Tout est dans le savoir-faire. Et pour ça, rien de mieux que d’écouter les conseils des anciens ! C’est une activité très évolutive. Ce ne sont jamais les mêmes tissus. Ni les mêmes techniques. Je pratique ce travail depuis 15 ans. Et chaque jour je continue d’apprendre de nouvelles choses !

Retour